Toldot :
1) Savoir
se réveiller au bon moment:
Une lutte eu lieu dans
le ventre de Rivka, de celle ci Essav sortit le premier. On peut l'expliquer
comme une prise de conscience, un sursaut d'Essav pour essayer d'acquérir
le droit d'aînesse.
Plus loin dans la parasha,
Essav dédaigne son droit d'aînesse et le cède contre un vulgaire plat de lentilles.
Il manifeste par là son désattachement aux valeurs spirituelles.
Au moment de recevoir
la bénédiction de son père, Essav fit preuve de nouveau d'un amer réveil.
Il réalisa soudain d'un seul coup l'erreur d'avoir méprisé son droit d'aînesse
et le manque a gagné que cela lui causa dans la vie. Il en pleura amèrement.
C'est dans des moments
importants comme à sa naissance et la bénédiction paternelle qu'il ressent
la vérité dans toute sa splendeur, mais tout au long du reste de sa vie, il
s'oublie dans le mensonge.
De là nous tirons une
leçon fondamentale : Voir des moments de vérité, c'est bien. Mais l'essentiel
est de s'efforcer de rester dans la vérité!
2) D'où
provient la bénédiction d'Essav ?
Essav vient se présenter
devant Itshak son père, pour recevoir sa bénédiction. Ce dernier lui répond,
qu'ayant déjà béni Yaakov il ne lui reste plus de bénédiction pour lui. Cependant,
par la suite, il le bénit quand même. Que s'est-il passé entre temps pour
qu'Its'hak puisse revenir sur sa parole?
La réponse se trouve
dans le verset: "Essav éleva sa voix et pleura". Il est enseigné que depuis
la destruction du Beit Hamikdach, toutes les portes (spirituelles) furent
fermées sauf la porte des larmes (des pleurs), qui demeure constamment ouverte.
Tout celui qui s'adresse à l'Eternel avec le coeur brisé et qui verse des
larmes verra sa prière acceptée.
C'est ce qui se passa
avec Essav qui bien qu'étant un impie, par la force de ses pleurs, il parvint
à engendrer une nouvelle bénédiction qui n'existait pas avant.
On comprend par là au
début l'impossibilité d'Its'hak de bénir Essav, puis par la suite son changement
de décision. Un endroit d'où puiser sa bénédiction s'était créé entre temps
dans le Ciel.
Même Essav l'impie,
ses larmes ont été acceptées!
3) La
question du 'Hida:
Pourquoi observe-t-on
beaucoup plus de convertis chez les descendants d'Essav que chez ceux d'Ichmaël?
Le 'Hida explique:
Essav embryon, s'est développé dans le ventre de Rivka la tsadékette, il a
été imprégné de sa kédoucha (sainteté), elle a laissé sur lui une marque indélébile
pour toutes les générations futures et ce sont ces étincelles de sainteté
que chaque converti ramène petit à petit dans le peuple d'Israël. Tandis qu'Ichmaël
étant issu de Hagar, n'a pas jouit de la même sainteté et ses descendants
n'ont donc pas la même aspiration à se convertir au judaïsme. Quelle force,
la kédoucha!
4) La
question de Rachi: pourquoi la nécéssité de répéter la provenance de Rivka
?
" Its'hak avait quarante ans lorsqu'il prit pour épouse Rivka, fille de
Béthouel, l'Araméen, de Padan Aram, soeur de Lavan l'Araméen." (Béréshit 25:20)
Rashi commente: "On nous a déjà dit qu'elle est la fille de
Béthouel et soeur de Lavan, de Padan Aram. On nous le répète ici pour nous
faire son éloge. Elle était fille d'un impie, soeur d'un impie, habitant un
pays de gens impies et elle n'a pas suivi leur exemple. "
Le Rav Epstein demande: Si on cherchait à faire l'éloge de
Rivka, il y aurait eu d'autres qualités plus importantes à citer comme le
'héssed (la bonté) comme par exemple servir à boire à Eliézer et ses chameaux,
ou comme le retour des trois miracles (la nuée, la lumière et la 'halla).
Il répond: D.ieu a insufflé dans l'homme une force extraordinaire,
celle de vouloir ressembler à son prochain. Cette force d'imitation est en
fait une dérivée de la jalousie, comme il écrit dans Kohelet (4:4): "J'ai
observé que le labeur de l'homme et tous ses efforts pour réussir ont pour
mobile la jalousie qu'il nourrit contre son prochain…".
Telle la personne qui voyant son voisin acheter le dernier modèle de voiture,
sera prête à sacrifier sa vie de famille et faire des heures supplémentaires
pour pouvoir se l'offrir elle aussi. La mode, société de consommation, exploite
au maximum ce principe.
Voici un autre exemple du Talmud:
On le voit avec Rabbi Yo'hanan ayant servi 80 ans comme Cohen Gadol (grand-prêtre)
au Beit haMikdach, et qui pourtant devint saducéen à la fin de sa vie. Le
Cohen Gadol devait faire preuve de grande sainteté à Yom Kippour dans le saint
des saints, faute de quoi il mourait sur le coup et sa dépouille était ramenée
en tirant sur une corde attachée à son pied. Et pourtant malgré la sainteté
extraordinaire de Rabbi Yo'hanan pendant 80 ans, l'influence néfaste de son
entourage a eu le dessus de lui.
Cependant, D.ieu a créé cette force d'imitation pour l'utiliser à bon escient:
Si je vois un ami à moi qui chaque soir va rejoindre les bancs de la yéshiva
et en peu de temps parvient à devenir autonome dans l'étude, alors chez moi
aussi pourra s'éveiller cette volonté de découvrir le monde passionnant de
l'étude. Il est en de même pour les qualités morales et les traits de caractère
positifs.
Maintenant on comprend les paroles des maximes de nos Pères: "…un bon voisin
et un bon ami…".
La Torah s'applique à nous répéter sa provenance, car bien qu'elle n'ait
eu aucun exemple de pieux comportement qui lui permette d'employer sa force
d'imitation de manière positive, elle ne l'a pas utilisée dans le mauvais
sens et a su résister à toutes les influences extérieures.
C'est vrai que Rivka avait beaucoup de qualités mais cette force de savoir
se maintenir dans son milieu surpasse toutes les autres!